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      le projet Freesound

Richard Humphries, cueilleur de son
Richard Humphries, cueilleur de son professionnel pour le Discovery Channel & contributeur de Freesound (photo Freesound)


Le projet Freesound est une banque de sons collaborative. Débuté en 2005, on y trouve en décembre 2006 environ 25 000 sons déposés par plus de 1000 contributeurs différents. Cette collection comporte des enregistrements en extérieur («field recording», voir phonographie), des samples d'instruments de musique, des bruits concrets, aussi bien que des sons synthétisés électroniquement. L'intention des fondateurs est de favoriser le libre échange de ces sons, pour cela l'ensemble des sons envoyés est placé sous licence «creative commons sampling plus 1.0», ce qui permet à chacun d'utiliser ces sons dans une production personnelle (y compris commerciale) en respectant la seule condition de citer l'auteur original.

Le projet a débuté en septembre 2005 lors de la conférence "Free sound", dont l'idée était de renforcer le son en tant que bien public face à la «main-mise des lois de propriété intellectuelles sur la liberté musicale», il est initié par le groupe de recherche en technologie musicale de l'université Pompeu Fabra à Barcelone.



Les marqueurs associés aux sons
Le nuage de marqueurs associés aux sons (freesounds tags)


Les sons déposés sont annotés, chaque contributeur associant des marqueurs thématiques, ou géographiques. Tous les sons sont écoutables directement sur le site, grace à un player flash intégré dans les pages, on peut même en écouter plusieurs en même temps! Les marqueurs géographiques permettent de se balader sur une grande carte du monde, de zoomer (carte google map), d'afficher les sons correspondant à chaque endroit, leur description, et bien sur de les écouter! Sur l'image ci-dessous, les petites balises rouges correspondent à un son et les plus grandes à un groupe de sons.

Le monde sonorisé par Freesound
Le monde sonorisé par Freesound (http://freesound.iua.upf.edu/geotagsView.php)


Quelques liens supplémentaires :
- l'interview de Richard Humphries, preneur de son et monteur sonore pour les documentaires du Discovery Channel, il raconte sa passion pour le son et la technologie qu'il utilise pour ses enregistrements (en anglais)
- Mootcher est un patch disponible pour pure-data et MaxMSP qui permet de se connecter dynamiquement à la base Freesound et de récupérer des samples au fur et à mesure.
- Pour les amateurs de technologies web une page consacrée à Freesound sur wikipedia (en) permet d'en savoir plus sur les technologies utilisées par le site.



      RepRap, le constructeur universel

Cette machine veut envahir le monde!

RepRap tente d'appliquer à la mécanique ce qui est une réalité biologique pour les êtres vivants : l'auto-réplication, c'est à dire la capacité à se reproduire : le projet RepRap vise à construire une machine capable de produire les pièces nécessaires à construire une seconde machine identique, améliorée ou modifiée pour d'autres usages. Une machine évolutive, de faible coût, capable de se répandre de manière "virale", mais surtout qui permette à des individus autour du monde de fabriquer des objets selon leurs besoins, indépendamment des grandes structures industrielles.




RepRap
Le logo de RepRap «imprimé» par un des premiers prototypes


Les technologies utilisées sont celles du prototypage rapide qui permet de fabriquer des pièces avec une (relative) simplicité, à la manière d'une imprimante. Actuellement, ces machines sont utilisées par l'industrie, valent très cher et n'ont pas la capacité de s'autorépliquer. Ici, il s'agit de "modélisation par dépot de matériau" (FDM, Fused Depot modelling, un fil de plastique est déroulé progressivement passe dans une buse qui le fond (à la manière d'un pistolet à colle) et dépose le matériau couche par couche afin d'imprimer une pièce en 3D. Le matériau peut-être un polymère thermoplastique (polycaprolactone, etc.) ou un polymère naturel (polylactide). Le RepRap est capable de produire des pièces avec une précision importante.


Présentation du prototype «Zaphod» par son concepteur Vik Olliver
(vidéo de Magnus Wurzer réalisée au Metalab, Vienne, voir également la série de photos sur flickr).


A l'origine de ce projet, on trouve l'université de Bath en Grande-Bretagne et Adrian Bowyer, chercheur en ingénierie mécanique du groupe de recherche en biomimétisme. (cette machine est également une tentative théorique pour donner corps à la théorie du constructeur universel de John Von Neumann). Un groupe de passionné s'est constitué autour du projet pour le faire aboutir, à la manière des projets logiciels open-source. Actuellement le projet se concentre à finaliser «Darwin», la première version aboutie de la machine, capable de produire d'autres Darwin, qui devrait voir le jour en 2008... Les plans du RepRap Darwin seront disponibles sur internet sous licence libre ainsi que les logiciels utilisés pour concevoir les pièces.

RepRap 1.0 Darwin
Darwin, la première version de RepRap qui devrait voir le jour en 2008


RepRap Darwin est composé de baguettes d'acier et de pièces en plastique. Une plateforme (A) se déplace verticalement dans ce cadre, guidée sur des tiges filetées (B) par un moteur pas à pas (C). Sur le haut du cadre, deux têtes "d'écriture" (D, une seule est représentée) se déplaçant horizontalement (guidées par des courroies dentées et deux moteurs pas à pas : E) déposent le filet de plastique fondu sur la base A. Puis la base descend d'un niveau, le second étage est extrudé, et le mouvement se poursuit jusqu'à ce que l'objet soit terminé. Il y a deux têtes pour qu'un matériau de soutien soit déposé en supplément du matériau de contour, afin de supporter les parties qui ne sont pas encore reliées. Ce matériau est enlevé une fois le procédé terminé. (source : site RepRap)

Une étape importante de la suite du projet consiste à la réalisation des propres circuits électroniques de la machine par dépot d'alliages métalliques conducteurs.

Site principal projet RepRap
Blog pour suivre les développements au fur et à mesure : reprap blog
RepRap sur wikipedia



      interlude : horloge psychédélique

Voila ce qu'on peut faire à partir d'une petite pendule à piles et d'un même motif imprimé sur du papier photo et un transparent. Légèrement décalé, la superposition des deux produit des «vibrations» de couleurs chères aux artiste de l'art cinétique et optique. Les différentes étapes de la réalisation de cet icône hypnotique basé sur l'effet de moiré sont décrites sur instructables (en anglais)

via makeblog


      chumby



Chumby
Le prototype du «Chumby»


Tiens, encore un gadget électronique! Qu'est ce que c'est : un calamar tamagotchi? un ballon de rugby polyphonique? Vous n'y êtes pas, c'est bien plus! Il s'agit du premier radio-réveil semi mou du XXIe siècle...

Mais, enfin, que cache réellement ce calamar polyphonique ? Le Chumby est un petit appareil wifi, capable au travers d'un navigateur flash et d'un écran tactile de diffuser toutes sortes de contenu venant d'internet. Des «widgets» : horloge digitale, diaporamas issus de Flickr, emails, calendriers, météo, nouvelles en flux RSS, etc. mais aussi du son, celui des radios internet par exemple, ou issu du réseau local.

Ce qui fait son originalité principale, ce sont les les idées qui entourent sa conception, en effet tout est mis en oeuvre pour qu'il soit le plus simplement possible hackable, modifiable, copiable, transformable par ses utilisateurs. Il est conçu pour être simple d'utilisation et donc utilisable par un large public, mais en même temps tout ce qui le compose est mis à disposition sous licence open-source, ce qui comprend :
- le code source du logiciel,
- les schémas électroniques,
- les plans des circuits imprimés,
- la liste des composants,
- les modèles 3D des pièces plastiques du boitier,
Il est donc possible de le construire soi-même (ce qui n'est pas très intéressant) mais surtout de le modifier, de le réparer, d'y rajouter divers capteurs, de l'insérer dans un boitier différent, et surtout à des développeurs de programmer de nouveaux logiciels.


Ecran du Chumby
2 photos du Chumby en action, à gauche le menu principal, à droite l'affichage d'un flux RSS
(photographies de Phillip Torrone)


C'est plutot inhabituel pour une société qui veut faire des profits (ils ne s'en cachent pas) de proposer un appareil high-tech en incitant à le copier et à le modifier. C'est le service d'abonnement payant qui leur permettra de fonctionner par la suite, ah ben voila, tout s'explique, pensez vous! Seulement l'abonnement sera payant, mais pas obligatoire, il sera possible d'utiliser le chumby indépendamment de ce réseau, en utilisant n'importe quel site internet, et bien sur par le réseau local. C'est donc un risque original et intéressant que prennent les concepteurs du Chumby, à rebours des conceptions actuelles sur le brevet industriel. Le dépôt du hardware en open source oblige également à le vendre le plus près possible du coût de fabrication, ce qui devrait être en dessous des 150$ (environ 120 euros).

Parmi les responsables du projet on trouve Bunnie Huang, au développement électronique, ardent promoteur du Hardware Hacking et des techniques d'ingénierie inverse (entre auteur auteur d'un livre sur le hacking de la XBox il y a quelques années).
Présenté pour la première fois en août 2006, quelques dizaines de prototypes ont depuis été distribué, ce qui a permis de lancer une première avant-garde de bidouilleurs, et bien sur d'alimenter le buzz... La chose est prévue pour être mis en vente courant 2007.


Composants du Chumby
Les composants du «Chumby» (image extraite de la présentation de Bunnie Huang à Toorcon 2006)


Dans le ventre du Chumby, on trouve un microprocesseur principal Freescale iMX21 266MHz ARM9 avec 32 Mo de SDRAM, 64 Mo de mémoire Flash NAND, un écran LCD tactile de 3.5 pouces à 12Hz (résolution 320x240), deux haut-parleurs de 2W, une sortie audio, un port USB, et bien sur une connection WIFI. Sur le schéma, le mystérieux «chumbylical» est un port d'extension, qui permet d'ajouter une entrée micro et un bus SPI. Un capteur mesure la lumière ambiante et un autre réagit à la pression, on peut donc presser son chumby!
Le système d'exploitation est un système linux, le logiciel principal étant un player flash capable d'afficher du contenu depuis internet par la liaison wifi.

site du fabricant : Chumby Industries et quelques photos sur flickr