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      festival tordu / bent festival

C'est le moment de sortir votre jet privé qui dort au fond du garage : New-York nous appelle. Du 19 au 23 avril se tient la 3e édition du festival Bent, rendez vous de ceux-qui-gardent-les-doigts-dans-la-prise : un ensemble hétéroclite rassemblant musiciens, concepteurs d'instruments (électroniques) sonores et parfois visuels, bidouilleurs et bricoleurs du circuit bending.

Au programme : des concerts bien sur + des ateliers + des installations diverses, un joyeux foutoir en somme, que l'on retrouve sur leur site, et comme le hasard a sa place ici voila quelques liens fraichement aspirés :

un échantillon sonore de l'Insanium (Machina Corpus Incognita), un instrument à base de puces vocales, mis au point par Lorin Parker.

Quelques textures sonores produites par la 1-bit groove box de Noah Vawter, qui en est encore au stade de prototype, fait de scotch et de circuits, dont on peut trouver les plans sur son site : Noah Vawter

Et pour finir, un extrait du documentaire en cours de réalisation de Dr. Rek (alias Derek Sajbel) proposé comme une intro visuelle au monde (décalé ?) du circuit-bending (c'est en anglais!)

(d'autres séquences sont visibles sur http://absurdity.biz, le film n'est pas encore terminé)

      Reed Ghazala

Le véritable docteur Frankenstein de la musique électronique existe bel et bien, il est ... auto-didacte, électronicien, artiste protéiforme à forte dominance psychédélique, entomologue et météorologiste amateur, ramasseur de champignons, pratique la photographie expérimentale, construit des objets volants, des sculptures destinées aux animaux, évidemment musicien et se nomme Qubais Reed Ghazala. Le personnage peut intriguer ou laisser perplexe, mais c'est bel et bien lui le pionnier de la méthode qui permet de bidouiller les instruments électroniques qu'est le circuit-bending, et aussi son infatigable et généreux promoteur : il est l'auteur de nombreux articles partageant les résultats de ses investigations expérimentales, et plus récemment d'un livre, et anime des ateliers pour en faire découvrir les principes.

Depuis son premier instrument transformé en 1967, Reed Ghazala est l'auteur de dizaines d'instruments (à voir sur Oddmusic) aux noms évocateurs : morphium, aleatron, insectaphone ou clarinette photonique... dont le design s'inspire de la plus pure tradition psyché (paillettes et couleurs pétantes, certains sont même ornés de globes oculaires!) Originaire du mid-west des Etats-Unis (région pas vraiment portée sur les expériences quelles qu'elles soient), c'est auprès du milieu de la "contreculture" des années 60, de la communauté hippie nourrie de l'idéal d'expansion de l'esprit, qu'il trouve un accueil favorable à ses expériences artistiques et électroniques.

anti-theory.com : le site du bonhomme, ou l'on peut écouter les sons de nombreux instruments (rubrique bentsound), trouver des conseils pour se lancer dans la destruction / recréation.

Cloud of fire (extrait), composé pour le vox insecta
(morceau lu directement depuis anti-theory.com, le site de l'auteur)

      l'art du court circuit

Si le docteur Frankenstein avait habité près d'un bazar plutot que d'un cimetière on s'en souviendrait peut-être pour ses instruments de musique. D'autres se sont inspirés de sa technique, manipulant / découpant / soudant / recablant tout ce qui pouvait émettre des sons et de la musique pour en créer de nouveaux instruments, fruits de tentatives et d'explorations uniques, ouvrant sur des univers sonores bizarroïdes.

Les orgues et les jouets qui passent dans les laboratoires soniques des savants fous du circuit-bending en ressortent transformés sous l'action d'une chirurgie électronique, rarement réparatrice, dont l'action a pour but d'ajouter des possibilités de modulations, des décalages sonores, autrement dit du hasard et du chaos dans ces machines prédéterminées. Le circuit-bending, c'est la recherche du court-circuit créatif et de nouveaux sons :

Casper Electronics : joyeuse boulimie électronique pour Pete Edwards, qui aime fabriquer des instruments pour les autres (Mike Patton ou Danny Elfman font partie des cliens du gentil fantome). On peut y écouter les sons des instruments modifiés!

Cementimental Noise : Cementimental prouve qu'on peut (aussi) faire de la musique avec ces monstruments.