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      ars electronica 2006

'The Messenger', installation de Paul De Marinis
L'installation "the messenger" par Paul De Marinis (© Ars Electronica 2006)

Chaque année depuis 1979, Ars Electronica organise à Linz, en Autriche, la plus grande manifestation consacrée aux arts numériques. Chaque édition explore un thème particulier. L'édition 2006 s'intéresse à la simplicité, elle s'est tenue du 31 août au 5 septembre.

On peut y aller par procuration en lisant les articles et compte-rendus, dans libération, sur erasme.org, et les nombreux billets (en anglais) publiés par Régine Debatty sur WMMNA, ou en espagnol sur elastico. Des séquences vidéo sont visibles sur shintanis (qui devrait s'enrichir de portraits par la suite) et artcast promet la mise en ligne d'enregistrements audio et d'interviews pour très bientot. On peut aussi se gaver de photos sur flickr...

La "simplicité", c'est surtout la préoccupation de John Maeda, certainement le designer numérique le plus médiatique, dont le dernier livre s'intitule "Laws of simplicity", questionnement qu'il explorait déjà sur son site, il est chargé de la direction du colloque à Ars Electronica. Les enregistrements des conférences sont disponibles sur le site et John Maeda annonce la publication de ses compte-rendus sur law of simplicity.

Chaque année, un catalogue est publié regroupant des textes d'une multitude d'intervenants. On peut saluer l'initiative qui consiste à rendre disponible gratuitement l'intégralité des textes publiés avec un an de décalage (en pdf), dans la section archives de leur site.

Ars Electronica, le site du festival, et un historique d'Ars Electronica sur wikipedia


      robozoologie


La robotique c'est généralement très sérieux, on construit des tonnes de robot pour qu'ils nous construisent à leur tour des voitures, ou pour les envoyer s'écraser sur de lointaines planètes, C3PO n'est pas près de sortir d'un labo, et en attendant, on peut juste sympathiser avec le nec plus ultra de l'intelligence robotique : des aspirateurs superbement carrossés mais dont on ne partage pas nécessairement l'attirance pour les saloperies qui trainent sur la moquette (et même pas foutu de se brancher tout seul).

Ca parait bien mal parti pour que les robots puissent un jour supplanter le genre humain. Heureusement, de sombres poêtes sont bien décidés à donner enfin leur chance aux robots, cherchant à mettre au point des créatures mécaniques sur les bases de la vie biologique, c'est à dire un organisme autonome, capable d'assurer sa subsistance, de se mouvoir à la recherche de sa propre nourriture (Vous et moi partageons ça avec les bactéries, les vers de vase et les tiques, entre autres)

Ce sont les "BEAM bots", principalement avides de soleil pour recharger leurs batteries, et capables de se mouvoir selon des principes inspirés des créatures qui peuplent la surface terrestre (biomimétisme). Au lieu d'être pilotés par des mini ou maxi ordinateurs, ce sont juste des composants simples réagissant aux stimuli extérieurs, qui forment le "système nerveux" du robot (employer le mot cerveau ferait tout de suite plonger ce billet dans la science fiction), et décident de ses actions. Et voila des créatures qui rampent/serpentent/se trainent/roulent partent à la recherche d'un rayon de soleil, alors là, évidemment on se trouve un point commun, et la sympathie est là.

BEAM, c'est pour : Biologie, Electronique, Esthetique (aesthetics), Mécanique. Bien souvent les pièces qui les composent sont issues de la récupération sur des appareils usagés (walkman, magnétoscopes, etc) et, bien souvent, les créatures sont propulsées à l'énergie solaire.

Un BEAM bot "classique", le Solar Walker
Une galerie des robots de Mark Tilden (chercheur américain parmi les premiers à effectuer des recherches sur ces robots sans ordinateur central), photographiés par Ian Bernstein.
Le bestiaire BEAM proposé par Solarbotics, boutique en ligne de composants électroniques tendance BEAM.


(photo extraite de Robosapiens, de Peter Menzel et Faith d'Aluisio, édité par MIT Press et traduit aux éditions Autrement en 2001. Il s'agit du robot Unibug 1.0 de Mark Tilden)